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"Zazie dans le métro", de Raymond Queneau

La première personne à m’avoir parlé de Zazie dans le métro était certainement mon père. Mais il m’avait prévenu : au-delà des aspects ludiques et amusants du texte, le roman de Raymond Queneau avait des aspects plus sombres. J’en étais resté là.

Alors, qu’est-ce qui a bien pu me motiver à lire ce classique de 1959 ? J’étais en train d’explorer la filmographie de Louis Malle lorsque ma compagne m’a rappelé qu’elle possédait un exemplaire du livre (avec Catherine Demongeot et Philippe Noiret sur la couverture, aux côtés du portrait géant de l’auteur). Je me suis dit qu’il serait bon de lire le roman avant de regarder l’adaptation.

Et le livre m’a énormément plu. Il est à la hauteur de sa réputation de chef d’œuvre de l’humour. Les personnages prennent vie à travers leurs paroles, leur gouaille. On a le sentiment que l’auteur a dû s’amuser en écrivant son histoire, en écoutant ses personnages parler, en commentant malicieusement les échanges.

Quant aux thématiques plus sombres du livre, elles obligent lectrices et lecteurs à juxtaposer l’innocence de l’enfance avec des comportements adultes autour de la sexualité. Chanson paillarde et ballet deviennent alors des moyens d’expression pour des personnages frappés dans leur intimité.

Les quelques références musicales du roman sont malheureusement absentes du film. Le cinéma français de 1960 ne pouvait probablement pas s’emparer de tous les thèmes du roman. Or, ces thématiques sont souvent associées aux références musicales. Ceci explique cela.

Mais j’ai passé un bon moment à visionner le film. La musique originale de Fiorenzo Carpi est hautement expressive avec son côté volontairement nostalgique et ses choix d’orchestration amusants.

Queneau, Raymond, Zazie dans le métro, coll. Folio Plus, Gallimard, 2004



The first person to ever talk to me about Zazie dans le métro was probably my father. But he had warned me: beyond the text’s playful and amusing aspects, Raymond Queneau’s novel had darker undertones. At the time, I wasn’t curious enough to pick up the book.

So, why was I recently compelled to read this 1959 classic? I was exploring Louis Malle’s  filmography when my partner reminded me that she had a copy of the book (with none other than Catherine Demongeot and Philippe Noiret on the cover, alongside the looming figure of the author). I told myself it would be best to read the book before watching the adaptation.

And I loved the book immensely. It lived up to its reputation of humor classic. The characters come alive through their words, their speech mannerisms. One has the feeling that the author must have had a great time writing the book, listening to the way his characters spoke, and maliciously commenting their dialogs.

As for the darker themes of the book, they force readers to juxtapose the innocence of youth and adult sexual behaviors. Popular song and ballet then become means of expression for characters whose intimacy has been shattered.

The novel’s few musical references are unfortunately absent from the film. French cinema in 1960 probably couldn’t deal with all the themes from the novel. Yet, these more serious themes are often associated with musical references. I’ll leave it at that.

I had a good time watching the adaptation. The original music by Fiorenzo Carpi is extremely expressive with its nostalgic sound and amusing orchestral choices.

Queneau, Raymond, Zazie dans le métro, coll. Folio Plus, Gallimard, 2004

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